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Richard Strauss

 1864 - 1949Richard Strauss Photo: www.booseyprints.com

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Introduction à la musique de Richard Strauss par David Nice

S’il fut dans sa jeunesse "Richard III" – titre que lui décerna Hans von Bülow sous le prétexte qu’il ne pouvait y avoir de "Richard II" après Richard Wagner – Richard Strauss était destiné à devenir un maître plutôt qu’un disciple. Seul un pionnier pouvait, par la seule force vertigineuse d’une unique partition, donner à un génie de la génération suivante l’inspiration de devenir compositeur, comme ce fut le cas de Bartók après qu’il ait entendu Ainsi parla Zarathoustra en 1902. Et l’influence de Strauss demeure immense: les jeunes compositeurs ont encore aujourd’hui beaucoup à apprendre des trésors techniques et expressifs que contiennent ses deux opéras les plus avancés, Salomé et Elektra.

Selon certains livres d’histoire de la musique, Strauss "régressa" après les séismes de ces deux chefs-d’oeuvre explosifs de la première décennie du vingtième siècle. Pourtant, seules les circonstances avaient détourné le compositeur de la comédie après Salomé. Hugo von Hofmannsthal, en qui Strauss avait vite découvert le poète idéal pour sa musique, tint à ce que leur premier opéra soit basé sur son adaptation de l’Electra de Sophocle. Trois ans s’écoulèrent avant que Strauss ne puisse, avec Le chevalier à la rose, donner libre cours, sans aucun compromis stylistique, au génie comico-lyrique qui, comme le fit remarquer son ami et collègue Romain Rolland, était l’essence de sa personnalité. L’art straussien annonce et rappelle le plus souvent la veine riche d’invention du Chevalier à la rose; Rolland avait déjà perÿu l’authentique humoriste bavarois sous le style héroï-comique du poème symphonique Une vie de héros, et chanté les louanges de la joie profonde qui imprègne l’oeuvre postérieure: l’absurde mais délicieuse Symphonie domestique.

Cette fraîcheur rayonnante sous-tend aussi les opéras suivants, en dépit de leur complexité psychologique, en particulier la comédie domestique autobiographique Intermezzo, les oeuvres mythologiques encore méconnues telles Daphné et L’amour de Danaé, et ce post-scriptum de plus en plus populaire d’une carrière lyrique consacrée à rechercher le juste équilibre entre les prétentions rivales des paroles et de la musique, Capriccio. On a du mal à croire que ces trois dernières oeuvres furent écrites pendant une période sombre, mais Strauss eut toujours la faculté extraordinaire de se concentrer totalement sur son monde intérieur musical. La folie de l’époque lui inspira néanmoins une réponse déroutante, les monumentales Métamorphoses pour vingt-trois cordes, avant qu’il ne revienne aux formes purement instrumentales qui avaient eu sa préférence pendant son insouciante jeunesse munichoise; et Les quatre derniers lieder sont exactement le genre de chute tranquille qu’il avait si bien ménagé dans un grand nombre de ses opéras et poèmes symphoniques.

C’est vers la fin de sa vie que Strauss fit à des musiciens d’orchestre la remarque impromptue qu’il était un "compositeur de premier plan de second ordre". Il le fut peut-être occasionnellement – et sans honte, car rares sont ceux, qui, même parmi les plus grands artistes, savent comment réaliser quotidiennement des oeuvres pendant que d’importants projets traînent en longeur. Son intégrité musicale se réaffirmait cependant toujours. Contrairement à beaucoup de compositeurs de moindre talent qui se sentent dans l’obligation d’adopter une nouvelle personnalité pour vivre avec leur temps, il demeura essentiellement fidèle au tournant du siècle dans lequel il atteignit sa maturité; et contrairement à d’autres compositeurs de moindre talent qui se contentent de reprendre de vieilles formules, il ne laissa jamais son sentiment de la beauté se durcir – remarquable exploit étant donné les bouleversements qu’il vécut. Le sentiment dont il était si fier peut quelque fois tomber dans la sentimentalité, mais ses meilleures pages, dans lesquelles il est allié à une chaleureuse palette orchestrale et à un flot d’inspiration mélodique, atteignent à une grande profondeur; le style est l’homme même.

David Nice, 1997
(Conférencier, chroniqueur à la radio et journaliste pour Gramophone et BBC Music Magazine; auteur de brèves études sur Richard Strauss, Elgar et Tchaïkovski, et d’une biographie, à paraître, sur Prokofieff).

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