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Elliott Carter

 1908 - 2012Photo credit: Meredith Heuer

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Introduction à la musique de Carter par Jonathan Bernard

Tout compositeur dont la carrière s’étend sur sept décennies – et cela continue – a déjà démontré une certaine faculté de résistance. Mais nous avons d’autres raisons, plus importantes qu’une simple longévité, de considérer Elliott Carter comme le plus éminent compositeur américain actuellement en vie, et l’un des principaux compositeurs du monde entier. Son nom est devenu synonyme d’une musique à la fois puissante de par sa structure, extraordinaire dans son expression et d’une virtuosité éblouissante: une musique exigeant à la fois beaucoup de l’auditeur et de l’interprète mais qui apporte encore davantage en retour.

Carter, né à New York dans un milieu aisé, fut élevé dans l’appréciation des arts sans être nécessairement encouragé à en faire son métier. Lorsqui’il décida de devenir compositeur, ce fut vraimant contre le gré de sa famille. Tout comme un certain nombre de ses contemporains aspirant à la carrière de compositeur, Carter se rendit à Paris aprés ses études universitaires afin d’étudier avec Nadia Boulanger, expérience qui prêta pendant quelque temps à son œuvre un style conservateur et néoclassique. Toutefois, le modernisme qui l’avait influencé dans son adolescence – notamment par ses contacts avec Ives et Varèse – prit finalement le dessus. Avec les premières lueurs de changement vers la fin des années 40, se poursuivant dans les années 50, Carter inventa un langage harmonique et rythmique qui lui était propre et unique - langage qui rejetait fermement le goût du jour de l’époque d’avant-guerre tout en gardant ses distances par rapport au sérialisme croissant de l’après-guerre. D’une manière ironique, c’est précisément l’entêtement de Carter à vouloir suivre son propre chemin qui lui apporta une célébrité internationale. La portée de son nouveau langage mit longtemps à s’établir – Carter ayant passé la plus grande partie des années 60 à travailler sur deux œuvres – mais le résultat fut une musique d’une extrême puissance et et d’une technique à la fois aisée et flexible, comme l’attestent le nombre croissant et la diversité de ses compositions au cours des années 70, 80 et 90.

À une époque où domine la simplification dans le monde musical, c’est paradoxalement sa complexité qui a rendu la musique de Carter de plus en plus attrayante: elle évoque souvent la sensation de plusieurs choses se déroulant en même temps, produisant des contrastes des plus violents ainsi qu’une continuité des plus régulières et offrant non pas un moyen d’échapper aux exigeances de la vie moderne mais un engagement positif à leur égard. En particulier, le souci de Carter d’exprimer "caractère" et "comportement" donne à son œuvre un aspect remarquablement humain. Le fait que les exigeances collectives de sa musique n’arrivent finalement jamais à supprimer la voix de l’individu, est pour l’auditeur, une source de profonde participation et de satisfaction.

Dans les douze dernières années environ, Carter fut plus prolifique que jamais. Il composa au cours de cette période beaucoup d’œuvres d’envergure relativement plus modestes, telles que Esprit rude/Esprit doux, Enchanted Preludes (Préludes enchantés), et une série d’œuvres pour solo, et cela plus qu’à n’importe quel autre moment depuis le début de sa carrière. Ces œuvres furent fort appréciées si l’on en juge par leur exécution fréquente – mais c’est également le cas des œuvres de plus grande envergure de la même période, y compris deux concertos et un quatrième quatuor à cordes. Carter réussit en quelque sorte à créer une méthode de travail définitive, l’apogée de tout ce qui a précédé, ou, selon la formule de certains, un "nouveau classicisme", marqué en particulier par une certaine franchise structurale et formelle, rendue dans des textures d’une clarté presque transparente. L’éclat de ce style tardif ne donne lieu à aucune réduction de son intense énergie, comme le démontre l’étonnant Quintette pour piano et instruments à vent. À la suite de son quatre-vingt-cinquième anniversaire et de la première exécution de sa remarquable nouvelle Partita donnée par l’Orchestre Symphonique de Chicago, la puissance créatrice de Carter est au comble de sa vitalité et l’on attend encore beaucoup de ce géant de la musique contemporaine dans les années à venir.

Jonathan Bernard
(Professeur de Musique à l’Université de Washington et auteur de nombreux écrits sur la théorie et l’analyse de la musique du vingtième siècle.)

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