André Jolivet
1905 - 1974
In Focus
Introduction à la musique de Jolivet par Lucie Kayas
Dès sa prime jeunesse, André Jolivet concevait sa musique comme une forte affirmation de non-conformisme. "Position que je conserverai coûte que coûte et qui me permettra peut-être dans lavenir dexprimer dune façon non moins indépendante mais, jespère, plus parfaite, les nouveaux rapports sonores dont je sais lexistence et dont je pressens léclosion" (André Jolivet, 1933)
Force nous est de constater que tout au long de sa vie, André Jolivet est resté fidèle à cette devise que lextrême variété dune production de plus de deux cents uves illustre avec évidence. Une autre conviction restera sienna de Mana (1935) à La Flèche du temps (1974): "Rendre à la Musique son sens originel antique, lorsquelle était lexpression magique et incantatoire de la religiosité des groupements humains". Certes, Jolivet ne se voulait daucune école, mais il ressentait la nécessité décrire une musique qui sadresse à tous. Là est son message, qui conjugue humanisme et universalisme.
Ainsi a-t-il abordé tous les genres, de luvre pour un seul instrument à lopéra (même si Bogomilé ou le Lieutenant perdu demeure inachevé), en passant par toutes es formations possibles de musique de chambre, mélodie, concerto, sumphonie, cantate, oratorio, musique de scène et musique de publicité On pourrait également dire quil a multiplé les styles, les juxtaposant dune uvre à lautre ou en opérant la synthèse à lintérieur dune même pièce. Son inspiration puise aussi bien aux sources des musiques non-européennes traditionnelles quà celles du jazz, du dodécaphonisme, dun certain classicisme, des instruments électriques, mais toujours avec ce même souci: élever la musique à une dimension universelle. En ce sens, son uvre sinscrit dans le XXe siècle comme un témoignage puissant de lhistoire de la musique français.
Lucie Kayas
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