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COMPOSITORES PRESENTADOS

Benjamin Lees

 1924 - 2010Benjamin Lees Photo: Bob Trogman/Boosey & Hawkes

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Introduction à la musique de Lees par Bret Johnson

L’œuvre musicale de Benjamin Lees a connu une évolution constante au cours de quatre décennies, depuis ses premières partitions orchestrales des années cinquante. Ses œuvres sont construites à partir de structures musicales classiques, façonnées avec maîtrise pour devenir partie intégrale de son langage, toujours tonal, mais explorant toutes les possibilités de la tonalité à travers le développement du matériaux thématique. Inversions, strettes, canons, fugues, développement mélodique et harmonique des intervalles; tout ceci fait partie de l’arsenal de Lees, mais Lees le technicien demeure le maître et non le serviteur de son art. Au fur et à mesure que son art s’épanouissait, il a pour ainsi dire "échappé à la morosité des liens terrestres," chaque œuvre nouvelle représentant sous tous ses aspects le déploiement gracieux d’un envol compositionnel.

L’instrument que Lees a choisi est l’orchestre; cinq symphonies et de nombreuses œuvres orchestrales sont au cœur même de sa production. La quatrième symphonie, Memorial Candles (1985), est un hommage aux victimes de l’holocauste, dans laquelle les poèmes d’une rescapée sont confiés à une soprano. C’est un cri du cœur d’une intensité dramatique toute viscérale. Le réalisme austère de ces poèmes est illustré de façon graphique par l’orchestre qui traduit la terreur dans toutes ses formes: peur, dégoût, colère, et, pour finir, tristesse résignée s’expriment grâce à des moyens tels que des fanfares de cuivre frénétiques, le cri perçant des cordes, le carillon des célestas et un violon solo qui représente l’âme assiégée. Cette œuvre de cinquante minutes ouvrit de nouvelles frontières pour Lees, ainsi que Portrait of Rodin (1984), une suite d’impressions tonales et de couleurs sonores. Lees le miniaturiste apparaît dans Mobiles (1980), une succession de croquis musicaux liés entre-eux et inspirés par des sculptures abstraites mobiles.

Plus récemment, la Cinquième Symphonie (1988) de structure plus traditionnelle commémore l’arrivée d’immigrants suédois au Delaware dans les années 1600. Ses traits distinctifs sont la tension rythmique, la correspondance intérieure des intervalles (particulièrement les octaves et les quintes), et une grande économie de conception. L’atmosphère initiale de crainte cède la place petit à petit à un optimisme et un espoir qui vont croissant et culminent dans le final plein d’entrain.

Parmi les œuvres les plus accomplies de la maturité de Lees figure le Concerto pour Choeur de Cuivre et Orchestre (1983), le troisième dans une série d’ouvrages pour groupes d’instruments concertants et orchestre. L’habileté dont Lees fait preuve dans l’exploration des contrastes instrumentaux et des intervalles harmoniques (encore une fois quintes et octaves) au cours du développement du matériaux musical est tout à fait en évidence ici.

Tôt dans sa carrière, le compositeur reçut le soutien de l’orchestre de Louisville qui enregistra la Seconde et la Troisième Symphonies, ainsi que le Concerto pour Orchestre (1959). La fréquence avec laquelle on interprète sa musique montre bien que sa popularité ne diminue pas. Des chefs bien connus d’orchestres régionaux et nationaux continuent à organiser des concerts dans lesquels figurent non seulement ses nouvelles compositions mais aussi des ouvrages plus anciens.

Parmi ses quatuors à cordes, le Quatrième composé récemment (1989) démontre l’une des techniques favorites de Lees: l’évolution continuelle. De construction classique, décrit par le compositeur comme "un paysage turbulent à la métrique changeante," ce quatuor offre un superbe déploiement de virtuosité, d’élégance et d’équilibre. Le second mouvement rapide se joue entièrement en pizzicato et le final, avec son tintamarre d’idées et d’harmonies dissonantes, est un modèle de formes abstraites à l’intérieur des limites tonales.

Lees fut toujours un artiste discipliné, et sa foi en certaines valeurs et croyances n’a pas changé. En ce qui le concerne, on peut et on doit approcher et apprécier la musique pour elle-même. Programmes musicaux, considérations d’ordre ethnique et "Américanisme" ne font pas partie de son credo musical. Tout au long de sa vie, il s’est efforcé de rechercher son propre idéal de vérité artistique. Le style de Lees se reconnaît instantanément et chaque œuvre est marquée d’une noble grandeur.

J. B. Johnson, 1992

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