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John Adams

 b. 1947Photo credit: Margaretta Mitchell

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La musique de John Adams

Les échos de la salle de bal en bord de lac de son grand-père, en Nouvelle-Angleterre, résonnent parmi les strates les plus anciennes de la mémoire auditive de John Adams, ainsi que les fanfares dans lesquelles il jouait de la clarinette alors qu’il était jeune étudiant. Face au Magnavox familial, Adams s’initia sans mal aux rudiments des normes musicales européennes en même temps qu’à l’extravagant assemblage de la musique américaine des premières décennies d’après-guerre. Duke Ellington représente pour lui une inspiration récurrente et sa prédilection pour le jazz  – qui affleure sous des formes inattendues telles que l’hypermélodie de style improvisé du Concerto pour violon (1993) ou les diversions en style raga du violon électrifié de The Dharma at Big Sur (2003) – fut très tôt alimentée par les activités de ses parents dans divers ensembles de jazz. Etudiant à Harvard durant les soulèvements cataclysmiques de la fin des années soixante, Adams pratiqua la dissonance cognitive des prescriptions arides des sérialistes contemporains tout en croisant l’inventivité fraîche et dionysiaque de cet âge d’or du rock.

Adams finit par trouver son expression dans l’atmosphère librement expérimentale de la California Bay Area où il s’installa avant l’âge de trente ans. L’esthétique minimaliste lui éclaira le chemin vers la réactivation de la pulsation énergétique et du principe tonal des langages musicaux du jazz et du rock pour lesquels la notion d’écoute pour le plaisir apparaissait comme légitime. Toutefois et très vite, Adams envisagea, au-delà des limites inhérentes au minimalisme, une vision musicale plus large dont témoigne le septuor à cordes Shaker Loops.  Dès la parution des œuvres orchestrales écrites pour l’orchestre San Francisco Symphony qui le firent remarquer – et dont Harmonielehre représente le sommet – Adams manifesta un génie de revitalisation de l’altière théorie du romantisme et des grandes formes imprégné de sensibilité contemporaine. Dans le même temps, sa fascination initiale pour la musique électronique lui fit développer une palette auditive rehaussée par la technologie associant sons acoustiques et synthétisés. Parmi les paysages sonores les plus expérimentaux créés par Adams, On the Transmigration of Souls remporta le Prix Pulitzer et Doctor Atomic décrit un site désert d’expérimentation nucléaire. De cette opulence d’influences, Adams tire sans cesse des éléments nouveaux et inédits. Ainsi qu’il l’exprime lui-même, sa carrière peut se définir comme tendue vers le but de forger un langage à la Whitmann, émergeant du terreau de la vie américaine.

Cet enracinement dans les particularismes peut mener à des collisions étonnamment piquantes, telles que le mélange du premier Schoenberg et de bandes sonores de dessins animés de la Chamber Symphony. Parallèlement à un humour canaille et « vaurien » à la Mark Twain, Adams déploie une veine de nostalgie profonde et de tristesse intime qui évoque la tendresse élégiaque et détachée de toute sentimentalité de Copland. Adams compte parmi les compositeurs contemporains les plus fréquemment chorégraphiés, en partie du fait des contextes envoûtants auxquels il ajuste son sens rythmique dramatique et propulsif. Il reflète également le point de vue de Charles Ives qui demeure pour lui un modèle sachant garder « vivantes les racines vernaculaires de l’art » tout en expérimentant sans aucune inhibition.

La perspective exclusivement américaine d’Adams s’exprime avec intensité dans ses opéras, à commencer par Nixon in China de 1987 dont la description théâtrale du choc culturel entre communisme et capitalisme a revigoré le genre pour toute une génération. Les œuvres pour la scène d’Adams ont foncièrement modelé à la fois l’évolution de son propre langage musical et la perception contemporaine de l’opéra et de ses possibilités. Son choix de sujets, en collaboration avec son partenaire artistique de longue date Peter Sellars, quoique nourrissant parfois la controverse, est enraciné dans le potentiel mythique des icônes et des évènements contemporains. Adams s’efforce de créer un opéra américain aux implications culturelles élargies, une œuvre d’art qui se confronte aux conflits réels de notre temps en évitant les solutions faciles, qu’il s’agisse du terrorisme (dans The Death of Klinghoffer), du vécu des immigrants urbains (dans l’opéra/oratorio du millénaire El Niño) ou des débuts de l’ère atomique (dans Doctor Atomic). Cependant, il continue à tirer son inspiration des maîtres anciens comme dans A Flowering Tree, tout en nuances mozartiennes, dans lequel un vieux conte du sud de l’Inde se révèle la source fertile d’une nouvelle inter-pollinisation culturelle. Adams est devenu une figure représentative du compositeur du XXIème siècle qui poursuit sa quête de sujets idéalement adaptés à son art personnel de métamorphose musicale.)

Thomas May, 2008

Thomas May est l’éditeur de The John Adams Reader et l’auteur de Decoding Wagner (tous deux parus chez Amadeus Press). Il écrit régulièrement sur la musique et le théâtre.

Traduction: Agnès Ausseur

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